"Les derniers seront les premiers ! ", disait Jésus Christ en marchant sur l'eau pour griller la file devant le Space Mountain. Mais tout le monde n'est pas capable de tels prodiges : pour gagner quelques précieuses secondes de bonheur, il va falloir ruser. Voici 5 techniques "pas très catholiques" pour prendre les Evangiles au mot.

La culotée, pour les confiants

Appelée aussi "technique du tranquilou-bilou", elle nécessite peu de préparation, aucun moyen et beaucoup d'audace. Il suffit de se pointer dans la file, les yeux rivés sur l'objectif, puis de commencer à pousser en disant : "pardon, pardon". Avec un peu de chance, avant que les badauds interloqués ne réagissent, vous aurez atteint l'attraction. Plusieurs variantes peuvent vous aider dans votre aventure : répondre systématiquement aux invectives dans une langue étrangère peut, par exemple, vous faire gagner quelques précieuses secondes.

L'invraisemblable, pour les comédiens

Plus c'est gros, plus ça passe. Puisque vous avez laissé votre éthique au vestiaire, rien ne vous retient d'inventer un mensonge plus gros que vous. Evitez les classiques "ma femme est enceinte, je dois absolument accéder au Grand 8", personne ne vous croirait. Optez plutôt pour une histoire invraisemblable et invérifiable : "Je m'appelle BX/4544, je viens de l'année 2748. Je dois prévenir le monde d'une grande catastrophe. Si vous ne me laissez pas passer, 700 milliards d'êtres humains pourraient y laisser la vie...". Et surtout, ayez l'air convaincu. Ne changez jamais de version. Même quand les hommes en blanc viendront vous chercher...

La rumeur malsaine, pour les langues de serpents

Pour être le premier, il suffit parfois que les autres se découragent. A vous les joies de la désinformation. N'oubliez pas que les plus belles rumeurs partent généralement d'un fait réel, qu'on aura un peu "arrangé". Un enfant s'est coincé le doigt dans l'attraction l'année dernière ? Racontez comment le pauvre pitchoun a attendu pendant des heures au sommet des montagnes russes, jusqu'à prendre la décision de se ronger le bras pour se libérer de sa prison de fer. Avec quelques histoires bien senties, vous devriez pouvoir libérer un peu de place.

La pathétique, pour les pauvres hères

L'art de la guerre, c'est de transformer ses faiblesses en force. La dignité, par exemple, vous n'en avez pas. Exploitez cette carence pour oser ce que les autres ne se permettent pas. Commencez par cacher la moitié de votre bras dans votre manche, de manière à vous faire passer pour un manchot. Chaussez des lunettes noires et saisissez une canne blanche dans votre main valide : vous voici aveugle. Boitez, toussez, pleurez, et le tour est joué. Fonctionne aussi avec les places de parking.

L'invisible, pour les ninjas

Invisibilité et invincibilité, telles sont les devises des plus grands stratèges. On pourrait ajouter la patience, car il en faudra malgré tout. Cette technique va se jouer place après place, centimètre après centimètre. L'idée est de se placer non pas derrière la personne qui vous précède, mais un peu à côté, puis d'avancer un tout petit peu, à chaque fois qu'elle regarde ailleurs. Si la stratégie est exécutée avec habilité, vous serez devant tout le monde sans que personne n'ait rien remarqué et vous pourrez alors vous fendre de votre grand rire démoniaque : mouahahaHAHAHAHA !

Attendre ? Un truc de loser, ça...
Attendre ? Un truc de loser, ça...