Paul Signac, Brigitte Bardot, Henri Matisse, Boris Vian, Duke Ellington, Juliette Gréco, Françoise Sagan, Colette, Jean-Paul Sartre, Michel Galabru, Louis de Funès : la liste des personnalités qui ont fréquenté la petite cité du Var, au bord de la mer Méditerranée, a l'allure d'un bottin mondain. Pourtant, au début du siècle dernier, "Saint-Trop'" n'était encore qu'un petit village de pêcheurs (presque) comme les autres. Il aura suffi d'un film, d'un maillot de bain, et de quelques artistes, pour que la ville devienne l'emblème de la Côte d'Azur dans le monde entier.

Un port à la lumière unique

Quand le peintre Paul Signac (1863-1935) débarque à Saint-Tropez, en 1892, il n'y trouve ni cafés chics, ni terrasses prestigieuses, ni yachts de luxe. Simplement un village provençal où les bateaux mouillent sous une lumière unique. Fasciné par les couleurs de la ville, le précurseur du pointillisme ne tarde pas à faire venir ses amis : Henri Matisse, Pierre Bonnard, Albert Marquet...

Les artistes du début du XXe siècle se pressent pour découvrir ce port fondé au XVe siècle par les Génois, dans une partie de la Provence isolée par le massif des Maures. Ils peignent les places, les toits, les maisons et les ruelles et dévoilent les merveilles culturelles accumulées pendant 400 ans à travers la Méditerranée. Rapidement, les tableaux envoyés à Paris agissent comme des cartes postales et attirent la bourgeoisie de la capitale.

Et Dieu... créa Saint-Tropez

Après les peintres, ce sont les écrivains qui investissent la ville. Colette s'y installe en 1921, Françoise Sagan et Boris Vian aussi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans la période pleine d'espoir et d'enthousiasme de l'après-guerre, les jazzmen de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, investissent le quartier de la Ponche. On y boit, on y joue de la musique, on y danse et on refait le monde en compagnie des pêcheurs locaux, qui n'ont pas quitté les lieux. Avec l'ouverture des premières boites de nuit, toutes les avant-gardes de l'Hexagone affluent.

En 1956, la ville est déjà "the place to be" pour les artistes avertis, mais c'est un film qui va changer son destin, en révélant son existence au monde entier, en même temps que celle d'une toute jeune actrice : "Et Dieu... créa la femme", avec Brigitte Bardot. Tourné par Roger Vadim, le film devient immédiatement un phénomène de société et installe Saint-Tropez sur la carte mondiale de la sensualité. En 1964, le monokini, apparaît pour la première fois sur la plage. Il incarne à lui seul une génération qui veut jouir de la vie sans entrave, s'amuser et s'aimer.

L'emblématique quartier de la Ponche
L'emblématique quartier de la Ponche

Chez les Yéyés

A partir des années 60, les jazzmen parisiens laissent la place aux vedettes du monde entier, principalement des musiciens et des acteurs, parmi lesquels les "Yéyés" et les stars du rock'n'roll : les Pink Floyd, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Jacques Dutronc... Pour s'adapter à cette nouvelle clientèle, la cité fait construire des hôtels de grand standing.

Pour autant, et contrairement à d'autres stations balnéaires à l'ascension fulgurante, Saint-Tropez a su conserver son visage d'autrefois, conscient que l'essentiel de son charme tenait à l'authenticité de ses ruelles pavées, de ses façades colorées et de ses petites places ombragées et fleuries. Le quartier de la Ponche n'a pratiquement pas bougé depuis l'époque de Boris Vian. Si la ville est toujours aussi fréquentée pendant l'été, elle retrouve son calme et son naturel dès l'automne, et ressemble toujours aux tableaux du début du XXe siècle qui attiraient les Parisiens.

Incarnation d'une époque et des rêves de plusieurs générations d'artistes, Saint-Tropez dévoile plusieurs visages où se lisent l'élégance et la simplicité, l'authenticité du Sud de la France et les illusions de la gloire, l'âme de la Provence et l'insouciance de la jeunesse. Devenue célèbre (presque) par hasard, la cité a su gérer cette notoriété soudaine, sans pour autant devenir une caricature d'elle-même et se laisser transformer : de quoi donner quelques leçons de modestie aux vedettes internationales qui foulent ses pavés !

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Do you Saint-Tropez ?
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