Domaine de Bablut : le bio dans un vignoble historique

Non loin d'Angers, dans le Maine-et-Loire, Christophe Daviau est à la tête du domaine viticole de Bablut, propriété familiale depuis près de 500 ans. Pour celui qui est " né là-dedans ", le vin est un produit dont il faut " attraper l'âme " en utilisant des techniques anciennes et modernes et en pratiquant une agriculture biologique.

Christophe Daviau
Christophe Daviau
Viticulteur du Maine-et-Loire

"Je n'étais pas dedans jusqu'à mes 20 ans. C'était sans doute pour tuer le père" qu'il ne voulait surtout pas devenir viticulteur, raconte Christophe Daviau, qui gère le domaine de Bablut, situé à Brissac-Quincé, dans le Maine-et-Loire. Pourtant, sa famille est "là depuis longtemps" : elle cultive la vigne depuis le XVIe siècle. Mais il suit quand même des études d'oenologie à l'université de Bordeaux avant de rejoindre son père et son oncle en 1989 pour s'occuper des 55 hectares. Puis "j'ai repris la société en 1993, et je suis seul à sa tête depuis 1999."

Christophe Daviau
Christophe Daviau
Viticulteur du Maine-et-Loire
Christophe Daviau, viticulteur du Maine-et-Loire.
Christophe Daviau, viticulteur du Maine-et-Loire.
"On fait des vins de tradition avec des techniques modernes."

L'âge vénérable du domaine attire-t-il les clients ? "Ça fait sourire les gens, mais ils ne viennent pas pour ça." Pour Christophe, ce n'est pas "un gage de qualité : on apprend de ses anciens, mais pas de sa famille." Il reste malgré tout "attaché à la tradition d'origine", qui leur a permis d'obtenir les AOC locales. Il y ajoute "les connaissances modernes en oenologie" et "dans les outils."

Il n'est pas revenu sur les terres familiales "par dépit", mais par "amour du vin." À l'époque, c'était "un produit ringard", qui n'attirait pas les jeunes, ce qui n'est plus le cas maintenant. Au début, "la présence éventuelle de molécules de synthèse" dans la boisson le "choquait." Il a donc décidé de passer en bio en 1996, et il n'a "jamais arrêté." Il est même allé plus loin : il cultive aujourd'hui en biodynamie, mais non certifiée, plus "par négligence" qu'autre chose. De toute façon, "le plus important c'est le bio."

L'important, c'est aussi la plante : "Le cépage doit être en accord avec les caractéristiques locales." C'est l'autre défi de Christophe Daviau : chaque variété de vigne correspond à un type de sol bien précis et doit donc être planté là où il le faut. "Le cépage doit être heureux là où il est", résume-t-il. Lorsqu'il est arrivé à la tête du domaine, il a arraché des parcelles entières parce que la fameuse "concordance cépage/terroir" n'existait pas. C'est alors que "l'âme" de la vigne apparaît, celle qu'il veut mettre en bouteille. Il ne suit pas les modes du secteur, qui n'ont que peu d'intérêt pour lui, comme lorsqu'il produit des vins blancs liquoreux.

Pour Christophe, les vins de la région ont besoin d'une meilleure publicité : "on a besoin que les gens connaissent et surtout goûtent." Le déficit de célébrité par rapport aux produits de la région de Bordeaux est important. Et surtout, les viticulteurs des environs "manquent d'occasions de se faire connaître." C'est un défi pour les prochaines années.

Les balades de Christophe Daviau :

- le château de Brissac : parce qu'il est beau, parce qu'il est haut, toujours habité par la famille et parce que c'est mon ami d'enfance Charles-André de Brissac qui s'en occupe,

- l'abbaye de Fontevraud : parce que c'est beau, la plus grande abbaye de l'Occident au Moyen Âge et que c'est notre histoire : celle des Plantagenêt,

- le château d'Angers et les tapisseries de l'Apocalypse : c'est beau et spectaculaire,

- le musée Jean Lurçat : encore un bel endroit chargé d'histoire. L'hôpital Saint-Jean a été construit à l'époque des Plantagenêt,

- le village de La Pointe-Bouchemaine : havre de paix et de sérénité à la confluence Loire-Maine : la douceur angevine...

Ses bons plans :

- le restaurant Le Haut Tertre, à Brissac : des produits frais bien transformés. Un restaurant d'où l'on sort avec le sourire,

- l'hôtel Loire & sens, à Juigné sur Loire : un magnifique endroit retiré du tumulte, pour se ressourcer,

- la fromagerie Bocahut, sur les marchés (Brissac le jeudi, Montsoreau le dimanche) et en boutique, 22 rue Plantagenêt à Angers,

- les Quernons d'Ardoise de la Petite Marquise, une friandise locale : de la nougatine enrobée de chocolat bleu. Attention à l'addiction !

Le moulin du domaine de Bablut, où se trouve la cave de dégustation.
Le moulin du domaine de Bablut, où se trouve la cave de dégustation.
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