C'est un pas de plus vers le futur : le Français Philippe Mussard, triple champion du monde de pétanque, s'est incliné face à AlphaBlue, une intelligence artificielle développée par l'Université de Toulouse. C'est la première fois qu'un logiciel s'impose contre l'homme dans cette discipline extrêmement complexe.

La scène se déroule dans le quartier Belsunce, entre la gare et le Vieux-Port : la foule retient son souffle alors que le champion du monde marseillais lance son ultime boule. Si Philippe Mussard a bien entamé la rencontre, les algorithmes de la machine ont fini par apprendre de leurs erreurs et corriger les trajectoires. Alors que le soleil se couche sur les calanques, le Marseillais doit s'avouer vaincu au terme de cinq parties de moins en moins endiablées.

Pour l'équipe de recherche de l'Université de Toulouse menée par le professeur Geoffroy Fragione, cette victoire constitue l'une des avancées les plus déterminantes de ces quinze dernières années dans le domaine de l'intelligence artificielle : "contrairement aux jeux de plateau comme les échecs ou le go, la pétanque fait appel à un très grand nombre de paramètres. Le plus difficile a été de simuler les effets du pastis : lors des premiers essais, les parties dégénéraient souvent en bagarre".

Pour le champion du monde en titre, c'est la fin d'une époque : "aujourd'hui, la machine gagne une partie de pétanque, demain elle sera peut-être capable de danser le Mia ? Que restera-t-il alors de l'âme marseillaise" ? Qu'il se rassure, malgré des progrès fulgurants, même les spécialistes les plus enthousiastes l'admettent : il faudra attendre encore plusieurs siècles pour que votre ordinateur soit capable de préparer une bouillabaisse comparable à celles qu'on déguste dans la cité phocéenne.

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour la robotique
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